Milorad PAVIC (1968-69)
Avec le Yougoslave, Milorad Pavic (né le 11 novembre 1921), c'est un choix d'entraîneur plutôt remarquable que la Direction ait fait pour succéder au monument Hofling, en 1968. Pavic, pas épargné dans la vie, avec notamment son engagement par les Allemands dans les jeunesses hitlériennes au cours de la deuxième guerre mondiale, a tout de même été un entraîneur de haut rang, malgré tout..
En tant qu’ancien joueur au sommet, il passa sa carrière entière à l'Etoile Rouge de Belgrade. Il fut également l'entraîneur de l'équipe pendant trois ans et non sans succès. Trois titres et autant de coupes lui ont ouvert les portes de la fonction d'entraîneur de l'équipe nationale. Durant la Coupe du Monde de 1962 au Chili, Pavic a mené la Yougoslavie jusqu'aux demi-finales, le meilleur résultat obtenu un jour par les footballeurs du pays du maréchal Tito. En Belgique, Milorad Pavic entraîna le Standard de 1964 à 1968. Il y devint "Michel" et a obtenu aussi de la presse le surnom de "Le Professeur". Mais, en quatre ans de temps, il n'a pas réussi à mener les Liégeois vers le titre.
Durant cette période, le Standard formait pourtant avec Anderlecht "les deux grande " du football belge. Avec une deuxième, deux troisièmes et une quatrième place, Pavic n'a pas pu parader, bien que le Standard ait gagné deux coupes de Belgique en 1966 et 1967. Le choix pour faire venir Pavic à Bruges fut appuyé entre autre par Constant Vanden Stock, le futur président anderlechtois, qui après dix ans de mandat de sélectionneur national vint une année à Bruges dans la Commission d'administration en tant que manager avant la lettre...
Pendant que les Rouches remportèrent avec le Français René Hauss trois titres consécutifs, le séjour de "Michel" Pavic auprès du club de Bruges s'est limité à seulement une saison. Avec Stefan Reisch et Tom Turesson comme renforcements étrangers d'un noyau par ailleurs inchangé, le club a dû rapidement déchanter pour échouer finalement à une bien pauvre cinquième place. L'aventure européenne ne fut pas brillante non plus, avec une élimination au premier tour par West Bromwich Albion, et en Coupe de Belgique le club fut éliminé par le Lierse en huitième de finale. Avec des résultats aussi insatisfaisants, Pavic qui avait pourtant encore un contrat d'un an, dut faire ses valises.
Le Yougoslave a ensuite poursuivi ses activités à Liège, d'abord un an et demi au FC Liégeois avec une douzième place peu enthousiasmante comme résultat et ensuite quelques mois en division deux au FC Tilleur. Après un petit tour du côté de Rouen, Pavic a enfin pris son envol de grand entraîneur en se rendant en Espagne.. Deux saisons à l'Athletico Bilbao (1972-74), avec une victoire en Coupe d'Espagne, en 1973. Pavic allait encore progresser. Avec les "aigles" du Benfica Lisbonne où rayonnait le grand Eusebio, Pavic remporta le titre de champion du Portugal en '75 et '76.
Il quitta alors de stade de la Luz pour s'installer ensuite pour une période de deux ans à Malaga espagnol (jusqu'à 78). Il revint ensuite au Portugal mais au Sporting de Lisbonne. Pavic n'y est resté que dix mois, sans succès. Il retourna alors dans sa patrie, où il sortit le Vojvodina Novi Sad de ses problèmes. C'est alors qu'il entama sa dernière période espagnole. De 1980 à 1982, il prit les commandes du Celta Vigo, et ensuite pendant deux ans il entraîna l’Espagnol Barcelone, pour finir par retourner au Standard en 1984. Engagé en tant que "conseiller" pour la construction d'une nouvelle équipe au sommet après le scandale dû à une affaire de corruption avec Waterschei, il a repris la place de Louis Pilot en position d'entraîneur (avril '85).
Une troisième place en 1986 semblait être sa dernière touche personnelle aux bords de la Meuse. Comme son successeur René Desaeyere n'avait pas apporté les résultats escomptés, Pavic a été rappelé par direction liégeoise du club. Dans la compétition, il ne réussit plus à pousser le Standard vers de grands résultats. Les Rouches ont bien atteint la finale de la coupe contre Anderlecht, mais Pavic, après une révolution de palais, n'a pu plus rester à Sclessin. Il a dû laisser sa place à Jef Vliers. Le "professeur", appelé ainsi par la presse liégeoise, digéra très mal ce blâme. Il continua pourtant à habiter Liège, pour retourner finalement après l’éclatement de la Yougoslavie, dans son village natal, Valjevo, au coeur de la Serbie. Le 16 août 2005, "Michel Pavic" est décédé à Belgrade.
















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