Andras BERES (1978-1979)
Le Hongrois Andras Beres (°1924) fut engagé comme sorti d’un chapeau de magicien en automne de l’année 1978 pour succéder au monument Ernst Happel. Il était à peine connu de la majorité du public brugeois, car il fut les sept années précédentes, manager et organisateur de matches de la Hongrie et s’occupait aussi de la carrière de joueurs hongrois.
Pourtant Beres avait déjà une jolie carte de visite. En tant que footballeur, Andras Beres, appelé "Bandi", connut sa période de gloire dans les années 50 dans le grand Honved Kispest Budapest où il évoluait en tant qu’ailier droit aux côtés de l’illustre Ferenc Puskas (plus tard le « De Major » au Real Madrid), de Sandor Kocsis, du gardien Gyula Grosics et du capitaine Jozsef Bozsik. Lorsque en 1956, le régime politique soviétique prit dans le sang l’occupation de la Hongrie, la plupart des joueurs demandèrent l’asile politique.
Beres s’en alla aux Pays-Bas (au Sportclub Enschede), puis au Spora Luxembourg où il fit ses premiers pas d’entraîneur, en 1960. Deux ans plus tard, Beres passa la frontière belge pour faire de ce pays sa deuxième terre d’accueil. "Bandi" Beres entraîna d’abord le Beerschot durant quatre saisons et termina deux fois quatrième et une fois troisième du championnat. Lorsqu’en 1966, Beres fut engagé par Anderlecht pour succéder au légendaire Pierre Sinibaldi, il opta pour la nationalité belge. Avec les mauves et blancs, Beres remporta un titre, le quatrième consécutif du club bruxellois.
Mais lorsque les choses allèrent moins bien lors de la saison 1967-'68, on décida au Parc Astrid de nommer l’assistant Arnold “Noulle” Deraeymaeker en tant qu’entraîneur en chef. Anderlecht allait malgré un début de compétition difficile remporter un cinquième titre consécutif. Andras Beres, qui depuis son arrivée en Belgique habitait à Anvers, alla alors entraîner pendant une saison Berchem Sport qu’il sauva de la rélégation en division trois lors de la dernière journée. Il retourna alors au Beerschot.
En 1971 les “Mannekens” gagnèrent la Coupe de Belgique sous sa houlette, en battant Saint-Trond en finale, après prolongations (2-1). La saison qui suivit ne fut guère brillante pour le Beerschot et Beres dut laisser sa place d’entraîneur à l’ex-joueur, Cois Geeraerts. Beres choisit alors de prendre une autre direction dans le monde du ballon rond. Il obtint la licence de l’UEFA et s’occupa en tant que manger des transferts de joueurs Hongrois en Belgique ou bien il organisait parfois des rencontres avec des équipes hongroises. Lorsque l’on apprit en novembre 1978 que Beres viendrait remplacer le monument Ernst Happel à Bruges, cela fit l’effet d’une bombe. On ne peut pas parler non plus d’un succès.
Comme coach, Beres avait reçu un contrat de trois ans (et aussi comme directeur technique) mais le football qu’il présentait semblait hors du temps. Le groupe de joueurs brugeois se posa même certaines questions sur la santé mentale du coach, lorsqu'en plein hiver il apprit des gestes techniques au groupe sur un terrain sur enneigé... Comme le groupe avait conservé quelques automatismes acquis lors du passage de Happel, les résultats au départ ne furent pas mauvais.
Le Club a commencé sous Beres par une défaite à Charleroi, mais ensuite réalisa une série de neuf matchs consécutifs sans défaite (dont six victoires) et en Coupe de Belgique élimina Beveren qui devint, à la surprise générale, Champion de Belgique. Le niveau de jeu baissa toutefois de façon alarmante. On fit l'acquisition de l'attaquant de point hollandais Peter Houtman, mais les résultats devinrent laborieux, avec une très vilaine série de défaites (5-2 à Liège, 1-6 à domicile Lokeren, 3-0 à Anderlecht, 3-1 à Winterslag, 1-3 à domicile contre le RWDM). Cela élimina Bruges de la course à toute compétition européenne. Le club termina seulement sixième. A ce moment Beres avait déjà été mis sur le côté et l'on analysa sa mission de dépannage comme un fiasco complet. On le "remercia".
Le bref passage de Andras Beres au Club Brugeois fut aussi sa dernière tâche en tant qu'entraîneur. 'Bandi' décéda le 14 novembre 1993, symboliquement jour pour jour un an après... Ernst Happel.
















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