Gilbert GRESS (1980-81)
Avec Gilbert Gress (né le 17 décembre 1941), le Club engagea, en octobre 1980, pour la deuxième fois un entraîneur de l'école française à la tête de ses troupes, avec, toutefois, moins de succès qu'avec Louis Dupal, quinze ans plus tôt. Gilbert Gress a commencé à jouer au Racing de Strasbourg, le club de sa ville natale. A la Meinau, l’excellent milieu de terrain commença par accompagner son club en division 2, avec un retour immédiat parmi l’élite française et le victoire de la Coupe de France en 1966.
Cette même année, Gilbert Gress passa la frontière pour rejoindre les rangs du VfB Stuttgart durant quatre saisons. C’est durant la période où il jouait en Allemagne que Gilbert Gress joua trois fois pour l’équipe nationale française. Durant la coupe du monde de 1966, il quitta l’équipe nationale à la suite d’un différend avec l’entraîneur national, Henri Guérin, car il refusa de couper sa chevelure trop abondante au goût du coach. Gress représentait un peu ainsi le style de joueur qu’était Georges Best à l’époque. En 1970, Gress revint en France. Avec l’Olympique Marseille, il remporta deux titres de champion de France avant de revenir en 1973 à son club d’origine, le Racing Strasbourg.
En 1975-1976, il déménagea une dernière fois en tant que joueur pour officier au club suisse de Neuchâtel Xamax. C’est dans ce club suisse qu’il commença sa carrière (réussie) d’entraîneur. Un retour vers son Racing de Strasbourg était inévitable. Gress s’y dressa une réputation solide. Il parvint à permettre au club alsacien de lutter avec Saint-Etienne et le Paris-Saint-Germain, les deux grands clubs du football français à l’époque. Ce titre de champion de France acquis par Gress en 1979 ne tomba pas dans les oreilles d’un sourd du côté brugeois. Après un départ catastrophique pour sa deuxième saison à Bruges et l’élimination du Club par Bâle en coupe d’Eurpe, Han Grijzenhout fut remplacé par le Français pour redresser le navire bleu et noir.
À Bruges, Gress a trouvé un groupe de joueurs très soudés entre eux qui se trouvaient pour leur dernière année au Club (Bastijns, Leekens, Vandereycken, Meeus, Courant). Le nouvel attaquant de pointe yougoslave Zoran Filipovic n'a jamais pu prouver sa réputation de machine à buter au côté d'un Jan Ceulemans tourmenté et de Birger Jensen indigné du trop plein de travail exigé par Gress, assis sur une chaise, et du peu de ballons qu'il recevait durant ces entraînements. Ce n'est que lors de la dernière journée de compétition que le Club fut assuré de jouer européen la saison suivante. Le club a donc fini sixième à 20 points d'Anderlecht et eut la chance que, cette année-là, la Belgique pourrait envoyer six clubs pour jouer l'Europe... Un record... Ce faux succès décida la direction brugeoise à ne pas pousser plus loin la coopération avec le Français...
Après sa courte aventure brugeoise, Gilbert Gress retourna au Neuchâtel Xamax où il officia comme entraîneur durant 9 saisons, de 1981 à 1990. Durant cette période, il remporta deux titres de champion de Suisse consécutifs, en 1987 et 1988. Gress déménagea en 1990 au Servette Genève, pour revenir encore une fois un an plus tard au Racing de Strasbourg. Après trois saisons en Alsace, il retourna à nouveau au Neuchâtel Xamax à la suite de quoi il eut le privilège de pouvoir coacher l’équipe nationale suisse. La Suisse manqua de justesse sa qualification pour la coupe du monde en France. Gilbert Gress décida alors de retourner entraîner un club. En janvier 1998, il fut engagé par le FC Zürich avec lequel il remoprta la coupe de Suisse en 2000. Ce sera jusqu’à présent son dernier grand trophée.
A noter que dans son Alsace natale, il fut appelé « le coach du siècle »… Une ultime récompense, mais aussi un terme à sa carrière d’entraîneur au sommet. Depuis, Gress a surtout été appelé en sauveteur dans les clubs de football. Tout d’abord au FC Metz qu’il parvint à maintenir en division 1 en été 2002. Ensuite, il a été appelé au Sturm Graz où il travaillerait avec entre autres l’ancien gardien de l’équipe nationale belge, Filip De Wilde. Après un intermède au Costa Rica, Gilbert Gress est revenu en Suisse pour y entraîner un club de deuxième division, le FC Sion. Mais il n’a pu aller au bout de son contrat, puisqu’il y a été remercié fin mars. Bientôt, sortira en librairie son livre “Je n'ai encore rien dit". Disons, une sorte d’adieux au monde du ballon rond…
















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